Note de la rédaction : Cet article a été préalablement publié le 26 août 2021, mais pour assurer une meilleure visibilité, nous le publions à nouveau cette semaine en version augmentée.
Vous avez bien brisé la glace au premier cours. Bravo!
Maintenant, comment pouvez-vous agir en allié·e·s dans votre classe le reste de la session?
Sachant que les jeunes de la communauté LGBTQ+ ressentent souvent de la détresse en lien avec leur réalité (questionnements, acceptation de leur orientation sexuelle, inclusion, respect de leur identité, etc.), il importe de faire de notre collège un environnement dans lequel chaque individu peut se détendre, où il se sent respecté, où il peut s’exprimer et être pleinement lui-même sans craindre de subir des attaques, des jugements, de la ridiculisation ou l’invalidation, et ce, quelles que soient ses spécificités.
Pistes d’actions pour créer un espace plus « sécurisant et inclusif » au quotidien …
Voici quelques actions que nous pouvons poser pour instaurer un climat inclusif :
- Renforcer une approche de tolérance zéro des comportements et de propos violents, racistes, sexistes, capacitistes, agistes, homophobes, transphobes ou grossophobes dans notre classe et notre bureau.
- Normaliser une variété de réalités :
- En remettant en question les stéréotypes genrés (rôles et attributs associés à chacun des genres) ;
- En rejetant les idées hétéronormatives (présupposant que tout le monde est hétérosexuel et que tous les couples fonctionnent sur le modèle « traditionnel » de séparation des responsabilités) ;
- En employant des exemples variés dans nos mises en situation et dans nos exemples (personnes issues d’origines culturelles variées, familles homoparentales ou monoparentales, personnes célibataires, couples culturellement mixtes, personnes non binaires, personnes en situation de handicap sans que ce soit nécessairement source d’un problème, etc.) ;
- En ouvrant la conversation sur l’auto-identification de genre de chaque élève, en abordant la question des pronoms choisis (il, elle, iel ou ul). Indiquer nos pronoms choisis dans notre signature de MIO et de courriel (Pronoms : Elle, she, her) favorise la généralisation de cette pratique.
- Encourager l’emploi du nom et des pronoms correspondant à l’identité de genre de chaque individu. Rappelons-nous que le fait de mégenrer (d’employer le mauvais pronom) et de morinommer ou « dead namer » (d’employer ou de dévoiler le prénom désuet – prétransition) peut causer beaucoup de souffrance à une personne trans ou non binaire et être considéré comme une forme de harcèlement.
- Connaitre la variété des réalités LGBTQ+ et les ressources vers lesquelles nous pouvons rediriger un élève exprimant différents besoins.
Vous avez d’autres exemples d’actions concrètes en tête ?
Vous en mettez déjà en pratique dans vos groupes et souhaitez partager votre expérience? Écrivez-nous. Nous vous donnerons la parole avec plaisir
| Votre classe deviendra-t-elle ce qu’on appelle communément un « safe space »? Cette expression est souvent galvaudée et employée à toutes les sauces. Petite histoire et définition des « safe spaces » Les « safe spaces » ont émergé dans les années 1960 et sont le plus souvent liés à une démarche de capacitation militante (« d’empowerment » ou de rapatriement des pouvoirs) de groupes de personnes marginalisées en raison de leur genre, de leur couleur de peau, de leur origine culturelle, de leur situation d’handicap, de leur orientation sexuelle ou amoureuse, etc. L’expression « safe space » (en français, « espace sécuritaire » ou « espace sûr ») désigne d’abord un lieu physique ou virtuel désigné comme tel, en ligne ou en milieu scolaire ou d’un milieu associatif (associations LGBT+, féministes ou de victimes, groupes de parole…). Les individus concernés peuvent y recevoir de l’aide et des services ou discuter sans restriction ni gêne de leurs expériences de marginalisation. L’« espace sécuritaire » est donc à l’écart de l’espace public ; il ne vise pas la tenue d’un débat mais l’expression pure du ressenti. Il permet momentanément aux personnes qui y participent de ne pas avoir à être exposées aux réactions négatives au sujet de leur identité ou de leur réalité. Or, comme l’affirment L.C. Holley et S. Steiner [1] [2], la classe ne sera pas « un espace exempt de toute expérience négative, [ce dernier demeure] susceptible de susciter de l’inconfort, un sentiment de lutte ou de douleur. » Par contre, les échanges, voire les confrontations d’idées, pourront tout de même y être respectueux. Sans prétendre changer notre classe en un lieu de militantisme, nous pouvons en faire un lieu inclusif et sécuritaire. |
[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Safe_space [page consultée le 10 aout 2021]
[2] (en) Lynn C. Holley et Sue Steiner, « Safe space: Student perspectives on classroom environment », Journal of Social Work Education, Council on Social Work Education, Inc., vol. 41, no 1, 2005.
GBL, Comité LGBTQ+