Aujourd’hui, je vous écris de la main gauche. Ce n’est pas pratique. Ce n’est pas confortable. Ce n’est pas naturel. Tout me dit de reprendre le stylo de l’autre main.
Ma sœur est gauchère. Ce n’est pas grave. Ce n’est pas dangereux. Ce n’est pas contagieux. Ça ne s’est pas vu tout de suite. Ça ne s’est pas déclaré immédiatement. C’est lorsqu’elle a grandi et qu’elle a commencé à interagir avec le monde que c’est devenu évident. Il fut un temps où les gauchers étaient opprimés et corrigés. On appelait la main gauche « la main du diable ». Vous en connaissez sûrement des gauchers contrariés dans votre entourage. Le biais se trouve même en latin et en italien moderne où la gauche se dit « sinistre ». Un biais positif envers les droitiers se retrouve en français où on se trouve sur le « droit » chemin. Pourtant 10 % de la population est gauchère.
Mon frère est gai. Ce n’est pas grave. Ce n’est pas dangereux. Ce n’est pas contagieux. Ça ne s’est pas vu tout de suite. Ça ne s’est pas déclaré immédiatement. C’est lorsqu’il a grandi et qu’il a commencé à interagir avec le monde que c’est devenu évident. Il fut un temps où les gais étaient opprimés et corrigés. On appelait les homosexuels, des « pédérastes ». Vous en connaissez sûrement des homosexuels contrariés dans votre entourage. Le biais se trouve dans sa désignation tirée de la Bible, les « sodomites ». Un biais positif envers les hétérosexuels se retrouve en anglais où on les appelle des « straights ». Pourtant 10 % de la population est LGBTQ+.
Ma sœur est gauchère. Elle doit parfois contourner certains équipements conçus pour les droitiers. Parfois, elle doit lire le mètre à mesurer à l’envers. Elle ouvre toujours les portes avec sa main non dominante. Chez moi, il y a des ciseaux de gauchers pour elle, juste pour que ce soit plus pratique pour elle.
Mon frère est gai. Il doit parfois contourner certaines situations conçues pour les hétéros. Parfois, il doit éviter certains endroits pour ne pas être discriminé. Il vérifie toujours les pays où il pourra tenir la main de son mari. Chez moi, je laisse toujours une place de choix à lui et son conjoint, juste pour qu’ils soient au centre de la table.
Aujourd’hui, je vous écris de la main gauche. Ce n’est pas grave. Ce n’est pas dangereux. Pour moi, ce n’est pas naturel. Tous les jours, mon frère est homosexuel. Ce n’est pas grave. Ce n’est pas dangereux. Et pour lui, c’est naturel.
EV, Comité LGBTQ+