Catégories
Pour réfléchir

#Moi aussi ? Récits genrés et réconciliation

Et si la réconciliation était un récit genré ?

Qu’en disent des voix féministes et bigenres, autochtones et non autochtones?

Quels sont les rapports de pouvoir et de séduction à l’œuvre dans un contexte de réconciliation?

En quoi influencent-ils nos responsabilités individuelles et collectives dans un contexte de réconciliation? Je vous propose de lire mon article approfondi sur le sujet (version complète de l’article).

Cet article considère :

– Le sentiment d’urgence d’agir pour la réconciliation comme un dispositif de séduction hétérocentré;

– Les solidarités féministes ou alliées comme une occasion d’omettre les questions du rapport aux territoires ou celles des personnes bigenres;

– Les possibles conciliations de nos identités multiples comme vecteur de décolonisation pédagogique.

Je suis une femme, blanche, mère, francophone, plurilingue, empathique, activiste, apprenante, féministe. Je suis conseillère pédagogique sur le territoire traditionnel non-cédé anishinaabeg (Omaamiiwininii).

Dans ma thèse (Vaudrin-Charette, 2020), j’ai considéré l’expérience émotionnelle de concilier vérité et réconciliation a été relatée dans les défis de marquer un temps d’arrêt, permettant de transformer les intentions en relations. L’engagement authentique s’accompagne aussi d’un lâcher-prise sur les formes que prennent les pédagogies de la réconciliation au collégial, incluant de nouvelles conciliations de nos allégeances linguistiques et épistémologiques. Et si ces éléments contribuaient à harmoniser nos relations de co-existence, sur le territoire non- cédé sur lequel nous nous trouvons ?

Je suis disponible pour en discuter avec les personnes intéressées, n’hésitez pas à me contacter.

Bonne lecture !

Julie Vaudrin-Charette, conseillère pédagogique

Catégories
Pour réfléchir

Aujourd’hui, je vous écris de la main gauche

Aujourd’hui, je vous écris de la main gauche. Ce n’est pas pratique. Ce n’est pas confortable. Ce n’est pas naturel. Tout me dit de reprendre le stylo de l’autre main.

Ma sœur est gauchère. Ce n’est pas grave. Ce n’est pas dangereux. Ce n’est pas contagieux. Ça ne s’est pas vu tout de suite. Ça ne s’est pas déclaré immédiatement. C’est lorsqu’elle a grandi et qu’elle a commencé à interagir avec le monde que c’est devenu évident. Il fut un temps où les gauchers étaient opprimés et corrigés. On appelait la main gauche « la main du diable ». Vous en connaissez sûrement des gauchers contrariés dans votre entourage. Le biais se trouve même en latin et en italien moderne où la gauche se dit « sinistre ». Un biais positif envers les droitiers se retrouve en français où on se trouve sur le « droit » chemin. Pourtant 10 % de la population est gauchère. 

Mon frère est gai. Ce n’est pas grave. Ce n’est pas dangereux. Ce n’est pas contagieux. Ça ne s’est pas vu tout de suite. Ça ne s’est pas déclaré immédiatement. C’est lorsqu’il a grandi et qu’il a commencé à interagir avec le monde que c’est devenu évident. Il fut un temps où les gais étaient opprimés et corrigés. On appelait les homosexuels, des « pédérastes ». Vous en connaissez sûrement des homosexuels contrariés dans votre entourage. Le biais se trouve dans sa désignation tirée de la Bible, les « sodomites ». Un biais positif envers les hétérosexuels se retrouve en anglais où on les appelle des « straights ». Pourtant 10 % de la population est LGBTQ+. 

Ma sœur est gauchère. Elle doit parfois contourner certains équipements conçus pour les droitiers. Parfois, elle doit lire le mètre à mesurer à l’envers. Elle ouvre toujours les portes avec sa main non dominante. Chez moi, il y a des ciseaux de gauchers pour elle, juste pour que ce soit plus pratique pour elle. 

Mon frère est gai. Il doit parfois contourner certaines situations conçues pour les hétéros. Parfois, il doit éviter certains endroits pour ne pas être discriminé. Il vérifie toujours les pays où il pourra tenir la main de son mari. Chez moi, je laisse toujours une place de choix à lui et son conjoint, juste pour qu’ils soient au centre de la table. 

Aujourd’hui, je vous écris de la main gauche. Ce n’est pas grave. Ce n’est pas dangereux. Pour moi, ce n’est pas naturel. Tous les jours, mon frère est homosexuel. Ce n’est pas grave. Ce n’est pas dangereux. Et pour lui, c’est naturel.

EV, Comité LGBTQ+

Catégories
Comment créer un "safespace"

Liste d’actions concrètes LGBTQ+ friendly

CLL, Comité LGBTQ+

Catégories
Pour approfondir le sujet

Le B occulté de LGBTQ+

Qu’elle soit audiovisuelle, littéraire, picturale ou tout simplement contenue dans l’inconscient collectif, cette « image » n’est pas nouvelle :

Une Femme aime un Homme qu’elle fréquente depuis un moment, mais elle a ses doutes, elle s’ennuie. Et puis un jour, Femme rencontre Femme #2. Naissent alors un intérêt intrigant et un désir nouveau. Femme fréquente Femme #2 pendant un moment, mais, inexorablement, Femme finira par retrouver Homme, ou du moins, UN Homme. Parce que c’est la force des choses, c’est plus « naturel » parce que la bisexualité n’est qu’une phase, une période à traverser.

Une femme bisexuelle, c’est très sexy, c’est la source de fantasmes hétérosexuels, c’est la possibilité d’un « trip à trois »… Mais une femme qui peut fréquenter une femme, ce doit toujours être temporaire, une « amitié » passagère, une période d’exploration, d’expérimentation qui titille, mais qui ne peut être durable. Un homme bisexuel, c’est plutôt le contraire, on évite tout simplement d’en parler et de le représenter. Car un homme qui peut fréquenter un homme, ça bouscule les idées socialement acceptables de la virilité. Il faut être gai ou hétéro, lesbienne ou hétéro. Que les choses soient claires.

Les personnes bis souffrent à ce point de sous-représentation – et si elles le sont, il s’agit d’un contexte d’hypersexualisation ou d’hyperérotisation – que le concept de « bi erasure »1 a été développé. Situées dans une nuance grise difficile à catégoriser, les bis sont souvent victimes de préjugés ou de biphobie, tant des communautés hétérosexuelles qu’homosexuelles. Ces personnes « ne s’assument pas », « ne sont pas de vrai·e·s homosexuel·le·s », « cherchent à obtenir le meilleur des deux côtés », « choisissent d’être bis », « ont de voraces appétits sexuels »…

La théorie du Y, une websérie belge s’est donné pour mission de déboulonner les mythes entourant la bisexualité. Vous pouvez la visionner à l’adresse suivante en vous inscrivant gratuitement :

https://www.rtbf.be/webcreation/webseries/la-theorie-du-y

Rappelons également que le 23 septembre est célébrée la Journée mondiale de la bisexualité. Bonne journée!

1 Traduit en français comme l’« occultation de la bisexualité ».

CLL, Comité LGBTQ+

Catégories
Pour approfondir le sujet

L’importance du prénom et des pronoms choisis

À ELLEUX LA PAROLE !

Cette semaine, nous vous proposons de visionner des courts métrages qui présentent le processus de questionnement vécu par certains jeunes et qui permet de mieux comprendre l’importance du prénom et des pronoms choisis. Les deux ont été conçus avec et par des jeunes de la communauté LGBTQ+ en France et en Australie.

Prénom – France (sous-titres français ou anglais)
https://www.youtube.com/watch?v=HV70A6y–mo

Masked – Australie (sous-titres français ou anglais)
Avertissement : tentative de suicide
https://www.youtube.com/watch?v=bLk8Dxf1xFk

Bon visionnement !

N’hésitez pas à nous envoyez vos questions à notre nouvelle adresse : lgbt@seecofneeq.com

GBL, Comité LGBTQ+

Catégories
Comment créer un "safespace"

Soyons des allié·e·s LGBT dans notre classe

Note de la rédaction : Cet article a été préalablement publié le 26 août 2021, mais pour assurer une meilleure visibilité, nous le publions à nouveau cette semaine en version augmentée.

Vous avez bien brisé la glace au premier cours. Bravo!

Maintenant, comment pouvez-vous agir en allié·e·s dans votre classe le reste de la session?

Sachant que les jeunes de la communauté LGBTQ+ ressentent souvent de la détresse en lien avec leur réalité (questionnements, acceptation de leur orientation sexuelle, inclusion, respect de leur identité, etc.), il importe de faire de notre collège un environnement dans lequel chaque individu peut se détendre, où il se sent respecté, où il peut s’exprimer et être pleinement lui-même sans craindre de subir des attaques, des jugements, de la ridiculisation ou l’invalidation, et ce, quelles que soient ses spécificités.

Pistes d’actions pour créer un espace plus « sécurisant et inclusif » au quotidien …

Voici quelques actions que nous pouvons poser pour instaurer un climat inclusif :

  • Renforcer une approche de tolérance zéro des comportements et de propos violents, racistes, sexistes, capacitistes, agistes, homophobes, transphobes ou grossophobes dans notre classe et notre bureau.
  • Normaliser une variété de réalités :
    • En remettant en question les stéréotypes genrés (rôles et attributs associés à chacun des genres) ;
    • En rejetant les idées hétéronormatives (présupposant que tout le monde est hétérosexuel et  que tous les couples fonctionnent sur le modèle « traditionnel » de séparation des responsabilités) ;
    • En employant des exemples variés dans nos mises en situation et dans nos exemples (personnes issues d’origines culturelles variées, familles homoparentales ou monoparentales, personnes célibataires, couples culturellement mixtes, personnes non binaires, personnes en situation de handicap sans que ce soit nécessairement source d’un problème, etc.) ;
    • En ouvrant la conversation sur l’auto-identification de genre de chaque élève, en abordant la question des pronoms choisis (il, elle, iel ou ul).   Indiquer nos pronoms choisis dans notre signature de MIO et de courriel (Pronoms : Elle, she, her) favorise la généralisation de cette pratique.
    • Encourager l’emploi du nom et des pronoms correspondant à l’identité de genre de chaque individu. Rappelons-nous que le fait de mégenrer (d’employer le mauvais pronom) et de morinommer ou « dead namer » (d’employer ou de dévoiler le prénom désuet – prétransition) peut causer beaucoup de souffrance à une personne trans ou non binaire et être considéré comme une forme de harcèlement.
  • Connaitre la variété des réalités LGBTQ+ et les ressources vers lesquelles nous pouvons rediriger un élève exprimant différents besoins.

Vous avez d’autres exemples d’actions concrètes en tête ?

Vous en mettez déjà en pratique dans vos groupes et souhaitez partager votre expérience? Écrivez-nous. Nous vous donnerons la parole avec plaisir

Votre classe deviendra-t-elle ce qu’on appelle communément un « safe space »?

Cette expression est souvent galvaudée et employée à toutes les sauces.
 
Petite histoire et définition des « safe spaces »
Les «  safe spaces » ont émergé dans les années 1960 et sont le plus souvent liés à une démarche de capacitation militante (« d’empowerment » ou de rapatriement des pouvoirs) de groupes de personnes marginalisées en raison de leur genre, de leur couleur de peau, de leur origine culturelle, de leur situation d’handicap, de leur orientation sexuelle ou amoureuse, etc.
 
L’expression « safe space » (en français, « espace sécuritaire » ou « espace sûr ») désigne d’abord un lieu physique ou virtuel désigné comme tel, en ligne ou en milieu scolaire ou d’un milieu associatif (associations LGBT+, féministes ou de victimes, groupes de parole…). Les individus concernés peuvent y recevoir de l’aide et des services ou discuter sans restriction ni gêne de leurs expériences de marginalisation. L’« espace sécuritaire » est donc à l’écart de l’espace public ; il ne vise pas la tenue d’un débat mais l’expression pure du ressenti. Il permet momentanément aux personnes qui y participent de ne pas avoir à être exposées aux réactions négatives au sujet de leur identité ou de leur réalité.
 
Or, comme l’affirment L.C.  Holley et S. Steiner [1] [2], la classe ne sera pas « un espace exempt de toute expérience négative, [ce dernier demeure] susceptible de susciter de l’inconfort, un sentiment de lutte ou de douleur. » Par contre, les échanges, voire les confrontations d’idées, pourront tout de même y être respectueux. Sans prétendre changer notre classe en un lieu de militantisme, nous pouvons en faire un lieu inclusif et sécuritaire.

[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Safe_space [page consultée le 10 aout 2021]
[2] (en) Lynn C. Holley et Sue Steiner, « Safe space: Student perspectives on classroom environment », Journal of Social Work Education, Council on Social Work Education, Inc., vol. 41, no 1,‎ 2005.

GBL, Comité LGBTQ+

Catégories
Quelques notions théoriques

Chacun sa tasse de thé

Pour mieux connaître et comprendre le vocabulaire LBGTQ+

EV, Comité LGBTQ+

Catégories
Comment créer un "safespace"

Bueller? Bueller? Lorsqu’il est temps de prendre les présences

Début de la session, la course folle reprend. Rencontres, préparation des plans de cours, réflexion sur les contenus… Le temps file, les premières séances arrivent. Beaucoup de choses à faire, de choses à expliquer. On expédie la prise de présence pour pouvoir traverser notre plan de séance.

Et pourtant, la prise de présence est une occasion rêvée d’offrir un espace sécuritaire à nos étudiant·e·s qui pourront se sentir libres d’être réellement qui elles et ils sont, tout en créant un lien fort avec chaque personne. Depuis maintenant plusieurs sessions, j’ai choisi de consacrer de précieuses minutes à la prise de présence. Après les salutations d’usage, l’humour.

Maintenant, on va prendre les présences, ce sera long, vraiment… long mais vous pourrez continuer de jasotter entre vous. Je passerai individuellement devant chaque personne. Vous me direz alors votre nom, le prénom que vous souhaitez que j’utilise et vous pourrez aussi me préciser vos pronoms de préférence. J’en prendrai bonne note. Ensuite, ce sera un peu embarrassant, parce que je vais vous regarder BEAUCOUP trop longtemps… vrrraiment longtemps, afin de me rappeler le plus rapidement possible de vous et de pouvoir vous associer au bon nom le cours suivant. Il faut vivre d’espoir! OK, peut-être au cours 3. Et je vais passer comme ça devant chaque personne, les autres, continuez de discuter en attendant.

Cette année, je leur demanderai aussi de me nommer une activité qu’elles et ils aiment particulièrement, juste pour m’aider à mémoriser. Juste pour les connaître un peu plus.

J’apprendrai alors que F s’identifie au pronom « iel »; que M souhaite que j’utilise plutôt le prénom A1; que G s’identifie à « il » et K à « elle ».

Mais j’apprendrai aussi que J-O préfère que je ne l’appelle que J; que D aime vraiment le café (comme moi!); que R se pratique tous les soirs avec sa troupe de danse.

Le groupe, lui, saura que je m’intéresse à chaque individu; que les connaître est important pour moi; que leur sécurité, leur bien-être et leur épanouissement sont précieux dans cette classe.

CLL, Comité LGBTQ+

1 Les élèves trans dont le nom légal n’a pas encore été modifié au registrariat peuvent indiquer leur prénom usuel choisi (du genre d’identification) en écrivant par Mio à la registraire Josée Lesage.

Pour approfondir la question : https://scfp.ca/sites/cupe/files/pronouns_fr.pdf