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Comment créer un "safespace"

Pronoms LGBTQ+

En ce début d’année 2022, le comité LGBTQ+ vous souhaite une bonne année et une rentrée en toute inclusivité ! Pour partir du bon pied, nous vous proposons l’article d’une collègue de notre Cégep, qui a rédigé, à votre intention, une réflexion sur les pronoms. Vous y trouverez sûrement de l’inspiration quant à un accueil positif lors de votre premier cours en présentiel ! Bonne lecture !

EV, Comité LGBTQ+

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J’écris ce billet le mercredi 20 octobre, journée internationale des pronoms. 

L’importance de demander les pronoms des élèves se fait de plus en plus sentir dans nos classes. Pour ma part, cela fait maintenant quelques sessions que je me présente à mes élèves en énonçant les pronoms que j’utilise : elle/la. En effet, comme la plupart de mes collègues, je prépare une activité de présentation lors du premier cours. Elle se fait sur papier et collecte des renseignements importants sur mes élèves : nom, programme. Elle demande aussi le prénom, celui que je dois utiliser en classe, les pronoms, ceux que je peux utiliser devant la classe. 

L’important avec ces démarches, c’est de mettre l’accent sur les pronoms de tous, pas seulement ceux de nos élèves queers. Je cherche à éviter le phénomène qu’on nomme en anglais « to other », c’est-à-dire de ne demander que les pronoms des élèves aux allures queers parce qu’ils, elles ou iels sont plus susceptibles de dériver des pronoms binaires que l’on attribue généralement à nos élèves. 

C’est là qu’on met le doigt sur le bobo : pour rendre la pratique de la demande des pronoms courante, il faut que tout le monde ait l’habitude de le faire. Ça permet au « safe space » de se construire en incluant tout le monde, et ainsi de rendre les élèves queers plus à l’aise d’utiliser leurs pronoms devant l’ensemble du groupe. 

Peut-être l’élève sera toutefois plus à l’aise, parce que vous entretenez un bon lien pédagogique, de vous demander d’utiliser « iel » quand vous êtes ensemble seulement, durant vos heures de bureau, après les cours ou dans le corridor. Rien n’indique toutefois qu’iel se sente assez en sécurité pour que son identité de genre soit dévoilée au grand jour devant ses 35 collègues de classe. Les pronoms sont fluides et il est possible que l’espace privé se démarque de l’espace public. Ça peut paraitre compliqué de devoir changer, c’est compréhensible. C’est aussi une merveilleuse preuve de confiance que votre élève explore cette identité en votre compagnie. 

D’ailleurs, en tant qu’employé.e du Cégep, si vous prenez la peine de toujours préciser vos pronoms lorsque vous vous présentez à l’élève, vous ouvrez déjà la porte à cet environnement sécuritaire qu’il espère pour se sentir à sa place dans son milieu scolaire. 

Les pronoms, ce n’est pas tout !

La langue française est l’une des plus genrées. Même nos objets ont un genre attribué. Comme on n’a pas de pronom entièrement neutre, comme « they » en anglais, il a fallu en créer : iel, em, ul, ol, ille. Toutefois, connaitre les pronoms de notre élève, en français, n’est donc pas une finalité en soi, car il faut aussi connaitre les accords !

Dans le meilleur des mondes, on tentera d’utiliser des adjectifs neutres : splendide, magnifique, fantastique, extraordinaire, superbe ! Mais notre élève voudra peut-être expérimenter avec les accords : après tout, nos élèves sont en phase d’exploration dans plusieurs aspects de leur vie. À l’écrit, on pourra rédiger avec des accords inclusifs à l’écrit (i.e arrivé.e). 

On peut d’ailleurs utiliser cette écriture inclusive afin d’enrayer la binarité afin de permettre aux élèves queers d’être inclus.es dans l’adresse qu’on leur fait. 

La bienveillance doit être le mot d’ordre dans l’application des pronoms. D’abord, la bienveillance envers soi-même : si nous nous trompons de pronoms, nous aurons toujours une occasion de nous reprendre. Ensuite, la bienveillance envers nos élèves. Nous sommes des enseignant.es avant d’être des expert.es dans notre matière, nous sommes là pour les guider, sans les prendre par la main, mais prêt.es à les encourager à devenir les adultes de demain. Quoi de plus valorisant que d’être celleux qui leur auront offert un espace pour s’affirmer et pour s’épanouir! 

EVW, Comité LGBTQ+

Pour plus d’informations sur les pronoms, nous vous proposons de lire l’article suivant qui explore les différentes possibilités de pronoms envisagées par les linguistes : https://egale.ca/awareness/grammaire-de-genre-neutre-et-langage-inclusive/

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Liste d’actions concrètes LGBTQ+ friendly

CLL, Comité LGBTQ+

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Soyons des allié·e·s LGBT dans notre classe

Note de la rédaction : Cet article a été préalablement publié le 26 août 2021, mais pour assurer une meilleure visibilité, nous le publions à nouveau cette semaine en version augmentée.

Vous avez bien brisé la glace au premier cours. Bravo!

Maintenant, comment pouvez-vous agir en allié·e·s dans votre classe le reste de la session?

Sachant que les jeunes de la communauté LGBTQ+ ressentent souvent de la détresse en lien avec leur réalité (questionnements, acceptation de leur orientation sexuelle, inclusion, respect de leur identité, etc.), il importe de faire de notre collège un environnement dans lequel chaque individu peut se détendre, où il se sent respecté, où il peut s’exprimer et être pleinement lui-même sans craindre de subir des attaques, des jugements, de la ridiculisation ou l’invalidation, et ce, quelles que soient ses spécificités.

Pistes d’actions pour créer un espace plus « sécurisant et inclusif » au quotidien …

Voici quelques actions que nous pouvons poser pour instaurer un climat inclusif :

  • Renforcer une approche de tolérance zéro des comportements et de propos violents, racistes, sexistes, capacitistes, agistes, homophobes, transphobes ou grossophobes dans notre classe et notre bureau.
  • Normaliser une variété de réalités :
    • En remettant en question les stéréotypes genrés (rôles et attributs associés à chacun des genres) ;
    • En rejetant les idées hétéronormatives (présupposant que tout le monde est hétérosexuel et  que tous les couples fonctionnent sur le modèle « traditionnel » de séparation des responsabilités) ;
    • En employant des exemples variés dans nos mises en situation et dans nos exemples (personnes issues d’origines culturelles variées, familles homoparentales ou monoparentales, personnes célibataires, couples culturellement mixtes, personnes non binaires, personnes en situation de handicap sans que ce soit nécessairement source d’un problème, etc.) ;
    • En ouvrant la conversation sur l’auto-identification de genre de chaque élève, en abordant la question des pronoms choisis (il, elle, iel ou ul).   Indiquer nos pronoms choisis dans notre signature de MIO et de courriel (Pronoms : Elle, she, her) favorise la généralisation de cette pratique.
    • Encourager l’emploi du nom et des pronoms correspondant à l’identité de genre de chaque individu. Rappelons-nous que le fait de mégenrer (d’employer le mauvais pronom) et de morinommer ou « dead namer » (d’employer ou de dévoiler le prénom désuet – prétransition) peut causer beaucoup de souffrance à une personne trans ou non binaire et être considéré comme une forme de harcèlement.
  • Connaitre la variété des réalités LGBTQ+ et les ressources vers lesquelles nous pouvons rediriger un élève exprimant différents besoins.

Vous avez d’autres exemples d’actions concrètes en tête ?

Vous en mettez déjà en pratique dans vos groupes et souhaitez partager votre expérience? Écrivez-nous. Nous vous donnerons la parole avec plaisir

Votre classe deviendra-t-elle ce qu’on appelle communément un « safe space »?

Cette expression est souvent galvaudée et employée à toutes les sauces.
 
Petite histoire et définition des « safe spaces »
Les «  safe spaces » ont émergé dans les années 1960 et sont le plus souvent liés à une démarche de capacitation militante (« d’empowerment » ou de rapatriement des pouvoirs) de groupes de personnes marginalisées en raison de leur genre, de leur couleur de peau, de leur origine culturelle, de leur situation d’handicap, de leur orientation sexuelle ou amoureuse, etc.
 
L’expression « safe space » (en français, « espace sécuritaire » ou « espace sûr ») désigne d’abord un lieu physique ou virtuel désigné comme tel, en ligne ou en milieu scolaire ou d’un milieu associatif (associations LGBT+, féministes ou de victimes, groupes de parole…). Les individus concernés peuvent y recevoir de l’aide et des services ou discuter sans restriction ni gêne de leurs expériences de marginalisation. L’« espace sécuritaire » est donc à l’écart de l’espace public ; il ne vise pas la tenue d’un débat mais l’expression pure du ressenti. Il permet momentanément aux personnes qui y participent de ne pas avoir à être exposées aux réactions négatives au sujet de leur identité ou de leur réalité.
 
Or, comme l’affirment L.C.  Holley et S. Steiner [1] [2], la classe ne sera pas « un espace exempt de toute expérience négative, [ce dernier demeure] susceptible de susciter de l’inconfort, un sentiment de lutte ou de douleur. » Par contre, les échanges, voire les confrontations d’idées, pourront tout de même y être respectueux. Sans prétendre changer notre classe en un lieu de militantisme, nous pouvons en faire un lieu inclusif et sécuritaire.

[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Safe_space [page consultée le 10 aout 2021]
[2] (en) Lynn C. Holley et Sue Steiner, « Safe space: Student perspectives on classroom environment », Journal of Social Work Education, Council on Social Work Education, Inc., vol. 41, no 1,‎ 2005.

GBL, Comité LGBTQ+

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Bueller? Bueller? Lorsqu’il est temps de prendre les présences

Début de la session, la course folle reprend. Rencontres, préparation des plans de cours, réflexion sur les contenus… Le temps file, les premières séances arrivent. Beaucoup de choses à faire, de choses à expliquer. On expédie la prise de présence pour pouvoir traverser notre plan de séance.

Et pourtant, la prise de présence est une occasion rêvée d’offrir un espace sécuritaire à nos étudiant·e·s qui pourront se sentir libres d’être réellement qui elles et ils sont, tout en créant un lien fort avec chaque personne. Depuis maintenant plusieurs sessions, j’ai choisi de consacrer de précieuses minutes à la prise de présence. Après les salutations d’usage, l’humour.

Maintenant, on va prendre les présences, ce sera long, vraiment… long mais vous pourrez continuer de jasotter entre vous. Je passerai individuellement devant chaque personne. Vous me direz alors votre nom, le prénom que vous souhaitez que j’utilise et vous pourrez aussi me préciser vos pronoms de préférence. J’en prendrai bonne note. Ensuite, ce sera un peu embarrassant, parce que je vais vous regarder BEAUCOUP trop longtemps… vrrraiment longtemps, afin de me rappeler le plus rapidement possible de vous et de pouvoir vous associer au bon nom le cours suivant. Il faut vivre d’espoir! OK, peut-être au cours 3. Et je vais passer comme ça devant chaque personne, les autres, continuez de discuter en attendant.

Cette année, je leur demanderai aussi de me nommer une activité qu’elles et ils aiment particulièrement, juste pour m’aider à mémoriser. Juste pour les connaître un peu plus.

J’apprendrai alors que F s’identifie au pronom « iel »; que M souhaite que j’utilise plutôt le prénom A1; que G s’identifie à « il » et K à « elle ».

Mais j’apprendrai aussi que J-O préfère que je ne l’appelle que J; que D aime vraiment le café (comme moi!); que R se pratique tous les soirs avec sa troupe de danse.

Le groupe, lui, saura que je m’intéresse à chaque individu; que les connaître est important pour moi; que leur sécurité, leur bien-être et leur épanouissement sont précieux dans cette classe.

CLL, Comité LGBTQ+

1 Les élèves trans dont le nom légal n’a pas encore été modifié au registrariat peuvent indiquer leur prénom usuel choisi (du genre d’identification) en écrivant par Mio à la registraire Josée Lesage.

Pour approfondir la question : https://scfp.ca/sites/cupe/files/pronouns_fr.pdf